18. septembre 2021

Le Mariage traditionnel Chez les dagara - L'Œil des jeunes

adminmars 9, 20178min750
Les Dagara sont un peuple localisé dans la région du Sud-ouest du Burkina principalement. Les noms Somda, Somé, Poda, Békouènè, Dabiré, Kambiré ou Meda sont, entre autres, ceux que portent les Dagara.

Les Dagara sont un peuple localisé dans la région du Sud-ouest du Burkina principalement. Les noms Somda, Somé, Poda, Békouènè, Dabiré, Kambiré ou Meda sont, entre autres, ceux que portent les Dagara. Dissin, village situé dans la province de la Ioba, se construit, à l’instar de toutes les zones rurales du Burkina, sur des valeurs qui lui sont spécifiques. Ces valeurs régissent la vie communautaire aussi bien au sein de la famille qu’en milieu social.
La vie à Dissin est une vie sociale qui s’élabore autour d’un chef de terre ou d’un chef de village à qui l’on n’accorde pas un pouvoir absolu et qui ne bénéficie pas de tous les honneurs. C’est une société qui vit en fonction d’interdits qui orientent d’une certaine façon l’affirmation de soi. Entre autres, il y a l’interdiction de consommer la viande de certains animaux, notamment certains oiseaux (les vautours par exemple), l’interdiction de mariage entre deux individus ayant les mêmes patronymes (Bekuonè et Meda par exemple) et le contraste pour la femme de donner à manger un repas qu’elle a porté sur sa tête sans utiliser un coussin. Ses valeurs enseignent aussi, entre autres, le respect, celui que l’enfant doit à ses parents et à tout autre individu.
Le Dagara de Dissin se définit comme étant un végétarien à cause du fait que les feuilles d’oseilles et de courge sont bien présentes dans leur régime alimentaire. Le “djodjo“, plat sur lequel aucun Dagara de Dissin ne pourrait cracher (surtout avec une calebasse de dolo à côté) est fait à base de ces feuilles.
Le Dagara de Dissin peut également se distinguer au plan vestimentaire par le port du boubou, surtout lors des grandes journées. Cependant, cet honneur de porter le boubou n’est reconnu chez la femme que pour ses obsèques.
Animistes au temps d’avant l’émergence des religions révélées, les Dagara de Dissin semblent plutôt avoir fait le choix du catholicisme pour trouver le chemin du salut.
Le droit d’ainesse est une valeur et un principe bien ancré dans l’esprit du Dagara de Dissin qui s’applique même jusqu’au mariage chez les filles issues de mêmes parents. En effet, la jeune fille Dagara ne peut prétendre au mariage tant que sa sœur ainée n’a pas trouvé la voie de ce sacrement. D’ailleurs, comment la jeune fille arrive chez son mari ?
Dans cette société où les normes empêchent la fille d’exprimer la première ses sentiments au garçon, elle n’a d’autre choix que d’attendre que celui-ci vienne vers elle. Une fois cette étape franchie, les marchés sont les lieux et les moments de rencontre pour les deux prétendants, profitant de la masse, car leur relation doit être un secret, un secret tenu jusqu’au jour où le garçon “enlève la fille“. Seuls les amis du garçon et de la fille sont suscep- tibles d’être tenus informés. A partir de cet acte, un processus est enclenché jusqu’à la célébration du mariage, car il équivaut à une demande en mariage faite par le prétendant à la famille de la fille et au premier contact de la fiancée avec l’entourage de son futur mari. Vient ensuite la demande officielle au cours de laquelle une somme d’environ 115000 francs, l’équivalent de 360 cauris, est donnée aux parents de la jeune fille et qui constitue la première part de la dot. L’acte suivant est le versement de la deuxième part de la dot qui s’évalue à trois bœufs. Cependant, le troisième bœuf n’est pas obligatoire en ce moment.
Appelé bœuf de l’orphelin, il est le plus souvent réservé pour le premier fils du couple. Mais avant cette paie, les parents de la future mariée peuvent exiger que le prétendant s’acquitte des travaux de leurs champs durant un ou deux ans.
Le mariage se déroule sur plusieurs jours. Il commence le mercredi chez la fiancée où un repas est offert aux proches des futurs mariés. C’est l’acte d’au revoir de la famille pour celle qui les quitte. Le jeudi, jour du mariage, c’est une ambiance faite de chants, de festins, de danses au son du balafon qui ponctue la cérémonie. Les chants sont des louanges faites aux parents, aux amis, mais aussi des interpellations à l’adresse du mari et de sa famille qui doivent désormais assurer le bien être de celle qu’ils accueillent chez eux. Le dimanche, dernier jour, est également un jour de festin. C’est en outre ce jour que les camarades du nouveau marié font monter un drapeau sur le toit de la maison de ce dernier ; la descente de ce drapeau peut se faire au moins un an après sous une ambiance festive.
Donner une fille en mariage ne semble pas faire partie des responsabilités des parents; chacun a le droit de choisir qui il veut.
Les Dagara de Dissin rendent hommage à la femme qui souffre de la douleur de l’enfantement en associant, pour le nom de l’enfant, le nom de la mère à celui du père. Le nom du père reste celui de la famille et le nom de la mère est considéré comme étant le nom de l’enfant.
Au delà de cet hommage, c’est une société qui reconnait la valeur de la femme et qui lui permet de s’exprimer. Cette considération, justifie-t-elle la valeur assez conséquente de la dot ?

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